Vendredi 28 octobre 2011
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20:51
Hello Paris !
peut-on s’améliorer ? Je crois que la philosophie doit aborder ce genre de questions. Je crois
que chaque philosophe, s’il est digne de ce nom, devrait s’intéresser d’abord à sa personne. Pour moi, la philosophie c’est autre chose que l’ensemble du savoir, autre chose que l’architecture
des sciences, autre chose que la théorie des généralités, autre chose que la recherche du fondement, autre chose qu’un ensemble de faux problèmes, autre chose que la création de concepts, autre
chose que la lecture de livres de philosophie, autre chose que la discussion profane sur des problèmes bientôt résolus scientifiquement... Moi je fais de la philosophie pour moi. La philosophie,
c’est un outil, c’est un moyen. Ça m’aide faire ce que je veux. Je crois même que la philosophie a toujours été ça en fait. Alors maintenant, peut-on s’améliorer ? J’ai des défauts : est-ce qu’on
peut éliminer ses défauts ? Ca me paraît difficile : un de mes défauts c’est la peur du flic. Même avec beaucoup d’efforts, je vois mal comment je pourrais arrêter d’avoir peur quand on contrôle
mon identité. D’ailleurs, ces défauts, c’est moi aussi. Je suis un diamant : un défaut c’est une facette, je suis ainsi faite. Renoncer à mes défauts, ce serait renoncer à moi-même. C’est comme
un lascar : il en a marre d’être de la racaille mais en même temps c’est par ça qu’il se définit. Bref, si tu as un défaut, c’est mort : tu fais ce que tu veux tu l’auras toujours. L’idée c’est
d’éviter que ce défaut se manifeste beaucoup.
Par unebellepetite
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Publié dans : Ma philosophie, eh ouais !
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Dimanche 11 septembre 2011
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19:06
Hello Paris !
Un truc qu’il faut dire à propos des défauts, c’est qu’un défaut dépend des circonstances. Dans Cyrano, Christian est courageux à la guerre, mais
lâche devant Roxane (les gars de Max Dormoy, c’est plutôt le contraire, mais c’est un autre problème). Moi quand j’arrive dans un groupe que je connais mal, je suis plutôt timide, mais c’est de
courte durée. En général, nos défauts sont fonctions de la situation. Britney Spears est intelligente quand elle chante et quand elle danse, mais quelquefois, elle a vraiment l’air bête. La
bêtise, il faut la considérer autrement que comme un poids qui ralentit l’intelligence, parce qu’en fait dans certaines situations une personne sera bête, et intelligente dans une autre. Ribéry,
quand il parle, on a du mal à croire qu’il puisse avoir « l’intelligence du jeu ». Evidemment, c’est aussi vrai des qualités : elles dépendent des circonstances. Aristote avait dit
des trucs de genre : quand on parle des vertus, il faut toujours « ajouter de la façon qu’il faut et de la façon qu’il ne faut pas ou au moment où il faut, et
toutes les autres additions » (c’est dans le deuxième livre de l’Ethique à Nicomaque, au chapitre 2). Mais pour Aristote, les qualités et les défauts sont produits par l’habitude :
« La vertu morale est le produit de l’habitude » (c’est au tout début du deuxième livre). Déjà, rien que ça, c’est contestable. L’habitude a été un concept très utile dans l’histoire de
la philosophie, parce qu’elle rend possible une explication rationnelle des comportements. Mais en même temps c’est très lourd comme concept. De toute façon, ce que je dis est très différent
d’Aristote. Il voulait dire que la lâcheté se manifestait dans telle circonstance donnée. Il disait : si dans telle situation, tu agis de telle façon, alors tu es tel ou tel. Par exemple, à
la guerre, si les renforts tardent à arriver, et que tu fuis, alors tu es un lâche. Ce que je dis moi est différent : je dis autre chose que « un lâche va commettre des actes lâches
dans des circonstances où un courageux fera preuve de courage ». Moi je dis : la même personne peut être courageuse dans telles circonstances et lâches dans telles autres. Pour
Aristote, si on est lâche on est lâche, et que cela se manifeste dans telle et telle situation. C’est pourquoi sur la question des défauts ma position diffère de ce qu’Aristote dit des
vices.
Par unebellepetite
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Publié dans : han, c'est mal !
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Dimanche 4 septembre 2011
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19:34
Hello Paris !
en ce moment, j’essaie de lister mes défauts. Pour moi, avoir un défaut, c’est le fait de
commettre régulièrement la même erreur. Un menteur, c’est quelqu’un qui ment régulièrement. Un lâche, c’est quelqu’un fuit régulièrement devant le danger. Je parle ici de défauts moraux,
c’est-à-dire des défauts d’après lesquelles on commet souvent la même faute morale. Il y a des défauts techniques, qui relèvent d’un autre domaine que celui de la morale : le manque de
concentration par exemple, ou la précipitation. Pour l’instant, ce qui m’intéresse, c’est de lister mes défauts moraux : ce sont ceux qui me gênent le plus en ce moment. Physiquement, j’ai la
chance d’être plutôt mignonne, mais quand je me regarde dans une glace, j’ai l’impression que mes défauts m’enlaidissent. Ou bien c’est comme un parfum : certaines personnes sentent bon
naturellement, parce qu’elles sont sans grands défauts. Mes défauts moraux me déplaisent. Il m’arrive d’être étourdie mais cela me gêne beaucoup moins que d’être médisante. Et si je veux pouvoir
m’améliorer, il faut que je commence par prendre conscience de mes défauts. Ça ressemble à une psychanalyse mais on est loin de Freud. La psychanalyse freudienne a pour fonction de soigner les
névroses et les psychoses. Moi, je veux être meilleure moralement, et techniquement. Le but, c’est d’être encore plus bonne comme on dit par ici.
Par unebellepetite
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Samedi 13 août 2011
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23:25
Hello Paris,
bon, à première vue on peut écrire ce qu'on veut sur internet, les gens se laissent monter dessus
comme des poneys. Du coup je dois faire moi-même les questions et les réponses.
Je crois qu'on peut choisir la façon de mener sa vie. Je crois par exemple que certains voudront
mener une vie chrétienne, alors que d'autres voudront mener une vie rationnelle, ou d'autres encore une vie conforme à la tradition. On peut également vivre selon ses impulsions.
Une objection serait de dire que ce choix est une illusion. Par exemple, on croit vouloir mener
une vie chrétienne, alors qu'en vérité on a tout simplement peur de vivre, et on se réfugie dans la religion. On croit qu'on veut vivre selon la raison et en fait, la raison sert uniquement à
justifier ses passions. Supposons que ce soit l'inconscient freudien qui dirige nos vies : dans ce cas, il est impossible de choisir la façon de mener sa vie, puisque c'est l'inconscient qui nous
impose notre façon de vivre. Ma réponse, c'est que bien sûr on peut se tromper sur ce qu'on croit être ses choix existentiels, mais je doute que ce soit toujours le cas. Autrement dit, il est
possible de choisir la façon de mener sa vie, même s'il arrive parfois qu'on se trompe sur la vie qu'on mène.
Une autre objection, c'est que l'âme est insondable : il est impossible de savoir pourquoi on
entreprend telle action. C'est par exemple ce que dit Kant à propos de la morale : il est impossible de savoir si on agit par respect pour la loi morale ou bien parce que c'est gratifiant de
jouer au héros. Comme on ignore pourquoi on agit, prétendre choisir sa façon de vivre est illusoire. Là, ma réponse, c'est que même si on ignore pourquoi on agit de telle ou telle manière, en
tout cas on agit d'une certaine manière. Peut-être que je vis en chrétienne parce qu'en réalité j'ai peur d'affronter la vie : même dans ce cas, je vis en chrétienne.
Par unebellepetite
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Publié dans : Ma philosophie, eh ouais !
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Jeudi 11 août 2011
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23:10
Hello Paris !
bon, comme tout le monde a admis sans problème qu'il y avait une manière de vivre chrétienne,
j'essaie maintenant de répondre à la question de savoir comment juger de la conformité d'une vie au christianisme. Premier problème : une manière de vivre obligerait à penser sans arrêt à la
maxime qu'on veut suivre. Par exemple, si je veux vivre en chrétienne, il faudrait que je pense sans arrêt à vivre selon la foi. Ca paraît impraticable: dans la vie, il est impossible d'avoir
toujours à l'esprit la maxime générale de ses actions. Par exemple, si quelqu'un avait pour maxime de vivre selon sa raison (ni vue ni connue, je te l'introduis en douceur, comme avec ta mère),
il faudrait qu'avant chacun de ses actes, il se demande s'il est conforme à la raison. C'est impossible de penser tout le temps à la maxime générale de son action. Mais faut-il alors renoncer à
l'idée qu'il y a des manières de vivre ? La solution, c'est de se dire que l'action doit au moins être conforme à la maxime générale. Par exemple, si tu as pour maxime d'augmenter ta richesse, la
condition sine qua non pour que tu vives selon cette maxime, c'est que tu évites les actions qui t'empêchent de devenir riche. Du coup, tu peux penser à autre chose qu'à ta maxime. C'est comme
une danse : on danse sans penser qu'on danse. Pour bien danser, il faut vouloir bien danser, mais on dansera mal si on se dit sans arrêt : "je veux bien danser, je veux bien danser". Même dans
une battle, il vaut mieux éviter de se dire : "je veux mieux danser qu'elle", parce qu'alors on risque de manquer d'inspiration. Bref, on peut agir conformément à une maxime sans forcément
l'avoir à l'esprit.
Par unebellepetite
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Publié dans : Ma philosophie, eh ouais !
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