tu penses ?
Hello Paris !
il semble évident qu’on puisse vouloir le mal, tant la malveillance paraît répandue et manifeste. Pourtant, vouloir le mal, c’est le vouloir pour lui-même, sans le prendre comme un moyen en vue d’une fin qui serait plus avantageuse. C’est pour ainsi dire vouloir que le mal arrive à soi. Il faudrait en conclure qu’il est impossible de vouloir le mal.
Pourtant, nous avons tous des tendances autodestructrices. On parle aussi de pulsion de mort, laquelle doit se comprendre comme désir de retour à la vie intra-utérine.
La vengeance, c’est davantage et plus originellement autre chose que la volonté de nuire à autrui en réaction à un dommage. C’est le désir de tout détruire, y compris soi-même, d’abord soi-même, surtout soi-même, parce qu’ayant subi un mal, on est devenu mauvais. Ou encore, la haine est haine de soi. C’est pourquoi le corps des méchants est toujours un corps mutilé. Le meilleur exemple de cela est sans doute Dark Vador, qui s'est laissé tenter par le côté obscur de la force.
On dit que les dépressifs se suicident pour abréger leurs souffrances, comme s’ils espéraient un bien pour un mal. On dit aussi que les kamikazes meurent pour une cause qu’ils jugent bonne. Je crois qu’ils cherchent d’abord à s’anéantir.
Je nie que la philosophie interdise qu’on veuille le mal. On peut être desesperado et philosophe. Mais si l’on se veut philosophe, alors on se doit d’être cohérent. Si l’on respecte la personne humaine, alors on refuse le suicide. Si l’on souhaite la justice, alors on refuse la vengeance. Si l’on craint la maladie, on conserve sa santé. En revanche, si le désir de vengeance surpasse tout le reste ; ou si l’on est consumé de haine, ou si l’on se complaît dans le pourrissement, alors on peut philosophiquement se foutre en l’air.